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Michael Jackson – Off The Wall

Il était une fois un jeune homme noir séduisant avec un avenir musical incertain, Michael Jackson. Nous sommes en 1979.

Jackson est un ancien enfant star de 20 ans, quatre ans après son dernier album solo qui a couronné sa carrière d’artiste Motown, mettant fin à la relation avec le légendaire studio avec lequel Jackson était depuis l’âge de dix ans.

Bien que les premiers efforts de Jackson en solo aient été extrêmement réussis, ils n’ont jamais été au même niveau que ce qu’il avait accompli en tant qu’artiste plus jeune ou ce qu’il allait accomplir plus tard comme le plus grand acte musical de tous les temps.

Avant Off the Wall, la carrière solo de Jackson était soulignée par une chanson qu’il avait écrite à propos de son rat domestique. Ce n’était pas une mauvaise chanson, mais pas exactement le genre de truc qui fait de toi un demi-dieu. A ce moment là, tout n’étaient pas au top pour le futur roi de la pop. En réalité, cela aurait pu être la fin pour MJ, et certainement pour beaucoup d’artistes moins talentueux.

Après tout, c’était un gamin qui avait conquis Sam & Dave, Gladys Knight, et une maison bondée à l’Apollo avant d’avoir neuf ans, qui aurait vraiment pu le blâmer s’il avait été emporté avant d’avoir vingt ans ?
Mais une chose drôle s’est produite sur le chemin de l’obscurité: Jackson a décroché un rôle dans The Wiz. Pour les non informés, The Wiz est une relecture de The Wizard of Oz, mais remplacez simplement la parade sans fin des Blancs par une parade sans fin de noirs impressionnants; Dianna Ross est Dorothy, Richard Pryor est The Wiz, Lena Horne est la Bonne Sorcière et Jackson est l’Epouvantail.

Sérieusement, Michael Jackson n’aurait peut-être jamais été Michael Jackson s’il n’avait pas décroché un rôle dans le Magicien noir d’Oz. Maintenant, The Wiz n’est pas un film particulièrement renommé, mais ce n’est pas le problème; le fait est que l’homme qui a fait la musique de The Wiz, n’était autre que Quincy Jones.

Pour les non avertis, Quincy Jones est un musicien aussi vénéré que jamais, un homme qui a eu autant de nominations aux Grammy que plus que quiconque.

Jones travaillera avec Jackson sur Off The Wall, Thriller et Bad, et si vous vous demandez quels sont les trois meilleurs albums de Michael Jackson…

Tout a commencé avec The Wiz, qui par la suite les a menés à Off the Wall.
Une des choses que j’aime le plus chez Off The Wall, c’est comment certaines des meilleures chansons prennent leur temps.

Avant que le hip-hop ne nous apprenne à attendre que le rythme tombe, Quincy et Michael le font à la perfection dès 79. Plus que tout, c’est un signe de confiance suprême, non pas dans la même veine que la bravade d’un rappeur ou le stoïcisme d’un chanteur de country, mais une confiance qui ne peut être atteinte que lorsqu’un artiste sait qu’il est en train de réaliser un chef-d’œuvre.

Écoutez le morceau d’ouverture, »Don’ t Stop’till You Get Enough », ou « Workin’Day and Night », aucun de ces morceau n’est pressé. Ils construisent rapidement mais patiemment à la perfection et libèrent une énergie qui définit le disque en lui même.

Ecouter la première face de Off the Wall peut être un test solide pour savoir si vous êtes un sociopathe. Si jamais, votre pied ne tapote pas sur le sol ou que votre tête ne bouge pas, il est alors tout à fait possible que vous en soyez un.

« Don’ t Stop’till You Get Enough », n’est pas seulement le premier titre de Off the Wall, c’est, à tous les égards, le début de la carrière de Michael Jackson, le Roi de la Pop.

Une ligne de basse séduisante est couplée avec Jackson murmurant doucement quelque chose qu’on peut à peine discerner, et avant que vous n’ayez le temps de vous demander si c’est le même gamin des Jackson 5, il déclenche un Wooo !

« Don’ t Stop’till You Get Enough, » est un moment tangible où un être humain est passé d’être un enfant, de ce « petit Michael » à l’état adulte et de demi-dieu, Michael Jackson !

Off the Wall est invariablement un album pop, mais le réduire à ce genre singulier serait rendre un mauvais service aux mondes du funk et du disco entre autres. C’est avant tout une soirée de danse ininterrompue.

Rien ne l’illustre plus que le Side 1 qui, bien qu’il ne comporte que quatre titres, est parfait.

« Don’ t Stop’ t Stop’till You Get Enough, » commence la fête, »Rock With You, » vous fait vous demander si ça finira, « Workin’Day and Night, » vous fait réaliser que non, et « Get on the Floor, » clos le débat,  au cas où vous ne seriez pas déjà debout sur le dancefloor.

Si l’album devait avoir un point faible, il faudrait qu’il soit à mi-chemin du side 2. Après avoir commencé avec « Off the Wall », et « Girlfriend » de Paul-McCartney, la ballade « She’s Out of My Life » de Paul-McCartney, spécialement conçue pour Michael, ralentit sérieusement les choses.

La ligne de basse dans « I Can’ t Help It » nous aide à sortir de notre sommeil, « It’s the Falling in Love », nous fait à nouveau taper dans nos pieds, et au moment où le disque se termine avec « Burn This Disco Out », vous êtes franchement de nouveau en accord avec le disque.

Michael Jackson l’artiste s’est pleinement rendu compte dès la sortie de l’album en août 1979, que Off the Wall était la rampe de lancement du nouveau Michael, le passage du mignon petit enfant au sex symbole et star planétaire.